23.10.2006
Banalité de la désinformation
En matière de propagande, l’insinuation répétée est probablement beaucoup plus efficace que la grosse assertion martelée. Le subliminal est bien plus porteur, puisque unilatéral. En effet quand on affirme pas directement, il se trouvera rarement quelqu’un pour demander un droit de réponse et exiger un débat contradictoire. Bien entendu je parle ici des techniques en vigueur dans les sociétés dîtes avancées, parce que dans d’autres contrées, on peut se contenter de faire réciter 2000 fois par jour la même sourate. Hier soir dans le journal de Rance 3, au détour d’un reportage sur les émeutes de fin de Ramadan de l’an passé, cette phrase (que je cite de mémoire), m’a interpellé : " suite à l’enterrement des 2 jeunes, les troubles s’intensifièrent après que des policiers aient tiré une grenade lacrymogène contre une mosquée ". On ré-écrit vite l'Histoire désormais...
Je viens de faire quelques recherches sur le net sur cet évènement désormais lointain, et aux dernières nouvelles, il semblerait bien que la grenade appartenait aux forces de l’ordre (on s’en serait douté), mais rien ne prouve : 1- qu’ils visaient la mosquée (aucun impact relevé sur et dans l’édifice)2- qu’elle ait éclaté dans la mosquée ou qu’elle y ait été introduite par les forces de l’ordre 3- qu’elle ait même tout simplement été tirée à proximité de la mosquée.
Bref, on sait 2 choses à savoir qu’elle appartenait aux forces de l’ordre et que des fidèles en prière ont été sévèrement asphyxiés par des gaz. La responsabilité des forces de l’ordre n’a jamais été prouvée. Et disons même franchement, que si une tierce partie voulait envenimer la situation, il aurait eu tout intérêt à l’introduire dans la mosquée...
Mais bon, tout cela s’est déroulé il y a un an, et nos esprits ont ingurgité plusieurs milliers d’autres informations depuis. Plus le temps, ni même la possibilité dans ces conditions, d’activer un demi neurone d’esprit critique. Synthèse journalistique aidant, cette nouvelle vérité a pu passer comme une lettre à la poste. Comme quoi un micro- message vaut mieux qu’un maxi-discours. D’autant que le reportage sous-entend au final la responsabilité intégrale des forces de l’ordre depuis la mort des 2 bénévoles d’EDF, jusqu’à la réactivation des troubles. Les émeutiers sont donc devenus définitivement des victimes, n’ayant au mieux répondu qu’à des provocations. Ce qui légitime a posteriori, et entre autres, quelques lois scélérates et 100 millions de subventions supplémentaires aux associations qui font des chaînes du lien social.
Ce fameux théoricien de la manipulation des masses qu’était Gustave Le Bon avait déjà noté dans Aphorismes du temps présent que " Les révolutions n'ont généralement pour résultat immédiat qu'un déplacement de servitude ". Les nouveaux esclaves vous saluent…
Julius G.
18:50 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


Commentaires
réécrire demain ce qui s'est passé hier était le crédo de la politique stalinienne! Nothing has changed Julius!
Écrit par : major tom | 24.10.2006
Notons, dans la foulée, que pour certains, « peut-être apprendrons-nous, le moment venu, qu'il s'agissait surtout d'une sinistre provocation policière qui a mal tournée » à propos du capitaine de police de CRS blessé aux Tarterêts (http://riesling.free.fr/20061021.html). Il y aurai de quoi rire si ces allégations sans fondement ne risquaient pas tôt ou tard de se trouver en micro-message ci et là, pourquoi par exemple dans une « enquête » de Télérama.
Sinon, le concept de Vae Victis n'est pas franchement neuf, il est évident que réécrire le passé est très attractif pour ceux pour qui ce passé est une gêne, même si parmi eux les bolchéviques s'en sont fait une profession (que ce soit les classiques effacements de personnages sur photo, mais aussi la tentative d'inclure un crime bolchévique dans les crimes nazis lors du procès de Nuremberg).
Écrit par : Marcel Patoulatchi | 24.10.2006
Dans mon souvenir, il est vrai que les forces de l'ordre ont tirés la grenade à proximité de la Mosquée, mais il est très important de rappeller qu'ils n'avaient absolument aucun moyen de savoir qu'il y avait une Mosquée à cet endroit (ben oui, ce n'est pas une grande Mosquée avec écrit "Mosquée" en gros dessus, mais un petit local qu'absolument rien ne différencie d'un autre petit local).
Par contre, personne ne pose cette question : les "jeunes" (puisque c'est la terminologie officielle, encore que je suis intensément persuadé d'être jeune sans pour autant avoir jamais jeté des pierres sur des policiers) qui avaient provoqués cette émeute savaient, eux, qu'il y avait une Mosquée à proximité... Et pourtant ils l'ont fait. Les palestiniens ont utilisés la même méthode (en 82, Arafat avait placé des batteries anti-aériennes sur le toit d'un hôpital). Comme quoi ils sont intelligent finalement ces petits gars. Dommage qu'ils ne se servent pas d leur intelligence pour autre chose...
Écrit par : Gabriel Bendayan | 24.10.2006
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